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Et si la souveraineté venait du numérique ?

Suite à la révolution numérique, le monde est en mutation socio-technologique. De plus, il est confronté à des menaces majeures, comme le réchauffement climatique ou la chute de la biodiversité. La chaîne de la valeur s’en trouve bouleversée. La révolution industrielle a créé une société organisée, hiérarchisée, cartésianisée, voire mécanisée. Au XXème siècle, l’intrant massif était le pétrole et ce sont les organisations, entreprises ou administrations, qui détenaient le pouvoir.





La révolution numérique est passée. Elle a fait émerger de nouveaux acteurs qui ont vite compris que les réseaux leur permettaient de mobiliser des externalités positives et le pouvoir de la multitude. Ils ont compris que cette multitude pouvait les servir en leur confiant leurs centres d’intérêt, leurs désirs, leurs habitudes de consommation, bref leurs datas, et cela afin de mieux les servir. Ce cercle vertueux fait que ces entreprises, lorsqu’elles ont atteint une masse critique, sont devenues incontournables et ont eu une croissance exponentielle.

Or, cet effet de réseau ne fait que commencer. Avec l’arrivée imminente de l’Internet des Objets, ou plus exactement de l’Internet pour Tout, avec un réseau 5G à très faible temps de latence pouvant à la fois faire de la commande temps réel et capter encore plus de datas, avec des algorithmes de plus en plus sophistiqués, avec des puissances de calcul inimaginables qu’offriront les ordinateurs quantiques (un Qbit double la puissance d’un ordinateur, nous augmentons d’un Qbit par mois, dans cinq ans nous avons des chances de bénéficier d’accélérateurs quantiques opérationnels de cent cinquante Qbit, qui multiplieront donc la puissance des ordinateurs par 250), il est prévisible que le phénomène s’amplifiera et ce seront, encore plus, les entreprises ou les organisations qui sauront collaborer avec la multitude qui aura le pouvoir.

Dans la transformation de société qui suit une révolution, il faut penser différemment, il faut « disrupter ». Le mot est maintenant galvaudé. Mais il faut retenir les leçons de l’histoire. Les anciens acteurs font rarement les nouveaux acteurs.

Durant cette période favorable à la disruption, nous avons besoin d’innovation de rupture. Innover c’est faire différent et utile. Il y a deux types d’innovations, l’innovation incrémentale et l’innovation de rupture. Les anciennes organisations sont souvent dans le déni durant toutes les phases de transformation d’une innovation de rupture.

La première étape est celle de l’irruption du numérique dans leur business. Leur premier déni consiste à penser, et même à dire : « Nous ne sommes pas concernés ».

La seconde étape est celle de l’éveil de la multitude. Quelques start-ups ou états réussissent brillamment. Ces organisations créent un projet pilote, une direction de l’innovation, un incubateur interne, un produit innovant expérimenté sur un marché lointain, une application mobile, une campagne de marketing viral et là ils proclament : « Nous le faisons déjà ».

La troisième étape est celle du rapport de force. Elles se trouvent menacées injustement, par des barbares qui ne respectent les règles. Là, elles prononcent leur troisième déni : « Allons voir le Ministre ».

Les géants arrivent à la quatrième étape et maintenant faut s’associer pour les combattre. C’est l’époque des fusions pour organiser la résistance et ils prononcent alors : « Achetons notre principal concurrent ».

La cinquième étape est la remontée de la chaîne. La multitude s’est mise en marche et ils se disent : « De toutes façons, on aura toujours besoin de nous ».

Et la déferlante des technologies ne fait que commencer : cryptomonnaies, ordinateurs quantiques, biotechnologies, nanotechnologies, production addictive, impression 3D, etc.


L’évolution du pacte social


Au lendemain de la seconde guerre mondiale, un nouveau pacte social a été imaginé par le Conseil National de la Résistance, en vue de reconstruire le pays. Ce pacte a été conçu dans un environnement marqué par la révolution industrielle et nourri par un intrant massif, le pétrole. La route était droite. Le système éducatif, construit sur le modèle de l’usine, permettait de produire des citoyens qui, lors de leurs études, pouvaient voir se dessiner leur avenir.

La révolution numérique est passée et maintenant les métiers évoluent à une telle vitesse que le système éducatif ne peut plus donner un diplôme garantissant une carrière. La route est devenue sinueuse. Il y a beaucoup de lacets. On ne voit plus où mène la route. Bref, il est difficile de connaître sa carrière, et même son métier, pour l’ensemble de sa vie. Il devient évident qu’il est urgent de réinventer un nouveau pacte social.

Dans cette mutation, on pressent, et on est même certain, que le système de formation sera l’élément clé de notre transformation, qu’elle ne peut plus être concentrée sur une période de la vie. Le mode de travail est aussi complètement transformé.

Les entreprises de type GAFA ont toutes une organisation très horizontale peu hiérarchique, tous les utilisateurs sont aussi des co-acteurs. Elles ont toutes les mêmes caractéristiques :

- Un leader charismatique ayant une vision,

- Une équipe resserrée,

- Une plateforme numérique d’appariement,

- Avec un algorithme d’appariement performant nourri par de la data de qualité

- Avec une interface simple (one clic, ou en langage naturel)

- Sécurisées, sans doute dans un futur proche par la blockchain.

Et ce nouveau mode d’organisation s’impose comme modèle. Les géants du numérique deviennent plus puissants économiquement que les états. Des organisations terroristes, des zadistes, des indépendantistes, ou autres, utilisent le numérique pour offrir, voire imposer leur vision.

De plus, les menaces environnementales sont globales et transcendent les frontières. Le réchauffement climatique, rendra des territoires invivables, et vont donc être à l’origine de migrations importantes. La biodiversité se dégrade à un rythme effréné. Ces menaces environnementales, conjuguées à une démographie mondiale galopante et à une artificialisation massive des sols font planer une menace sur la sécurité alimentaire mondiale.

Dans ce grand chambardement, la France, et l’Europe toute entière, se retrouvent dans les cordes. Les blocs géographiques commencent à se reconstituer, soit à l’intérieur de l’Europe, soit à sa périphérie. Les grands blocs, USA et Chine, se restructurent autour de la Mer de Chine qui devient le pivot économique mondial, laissant l’Europe spectatrice sur un strapontin.


Quelles orientations pour la France ?


Après ces quelques observations de notre environnement, il est incontestable que notre société doit se réinventer dans le cadre de la transformation numérique du monde. Cela devient l’urgence.

Le Président Macron, a été élu, suite à une campagne au cours de laquelle, il nous a proposé quelques objectifs :

- Faire de la France le phare du monde,

- Promouvoir l’émancipation des individus pour qu’ils puissent s’adapter en permanence aux évolutions rapides de l’environnement,

- Faire de la formation tout au long de la vie le cœur du nouveau contrat social,

- Valoriser le droit à l’erreur et protéger les personnes prenant des initiatives et des risques,

- Reprendre le leadership en terme de recherche et d’innovation,

- S’appuyer sur des expérimentations et des innovations en provenance de la population.

Les objectifs présidentiels forment donc une téléologie qui doit nous imposer de trouver les transformations de notre environnement et de nos organisations afin de bâtir la société adaptée à ce « nouveau monde » numérique.

Mais la société française, et surtout son administration et ses organisations sont encore dans les phases du déni de la transformation numérique Cela est certainement dû à deux facteurs :

- Tous les géants du numérique ont émergé à partir d’expérimentations locales. Ils ne peuvent manifestement pas être créés par une injonction venant d’en haut,

- L’ancien système et le nouveau système ne peuvent pas vivre ensemble en collocation. Ils doivent vivre chacun leur vie, en parallèle.

Donc, si l’on réalise cette mutation numérique de la France, il faut trouver une stratégie de transformation de nos organisations politiques et administratives. On doit même se poser la question :

« Si la France veut devenir le phare du monde, ne doit-elle pas tout simplement devenir la première nation numérique au monde ? »

Il nous faut alors deux choses :

- Une infrastructure numérique pouvant opérer des activités numériques. Cela semble évident, mais il vaut mieux le dire, surtout en constatant l’état du déploiement de nos réseaux mobiles.

- Une méthodologie pour faire émerger de la multitude, une (des) organisation(s) numérique(s).


L’infrastructure numérique


C’est certainement la première grande urgence stratégique. Nous sommes à l’ère de la 5G qui porte très mal son nom, car ce n’est pas une évolution de la 4G mais un réseau radicalement différent porteur de la nouvelle révolution de l’Internet des Objets, ou plutôt de l’Internet pour Tout. Son déploiement est une urgence stratégique. De plus, au vu de son importance structurelle pour le pays, il faut se poser la question de sa gouvernance.


L’organisation numérique


Elle doit émerger que de la multitude et elle ne peut que naître et croitre en coexistence avec l’ancienne organisation. Cela nous impose donc de commencer comme les GAFA, par des expérimentations modestes, sur des sujets ponctuels concernant des populations oubliées.

La méthode la plus naturelle consiste à résonner par filières, ou par parties de filières. Pour une première réflexion, il peut être pertinent de commencer par se pencher sur la formation, considérée comme la plus importante dans la stratégie. Ensuite, il faudra réfléchir sur toutes les filières : la médecine, la mobilité, l’urbanisme, l’aménagement du territoire, etc.

A titre d’exemple, développons notre méthodologie sur cette filière. Il est unanimement admis que la différence entre les connaissances et les compétences proposées par le système de formation et les compétences nécessaires pour exercer les métiers d’aujourd’hui s’accroît de façon exponentielle. Il est admis que nous ne connaissons pas la majorité des métiers du futur et que la majorité des personnes devront changer plusieurs fois de métier durant leur vie. Il est aussi admis qu’il existe de nombreuses offres d’emplois ne peuvent pas être pourvues par manque de personnes formées disponibles.

Il est aussi unanimement admis qu’il faudra aussi se former toute sa vie. Or, le constat actuel est bien que le système de formation n’est adapté ni à la mise à niveau des actifs, ni à la reconversion tant des personnes souhaitant changer d’emploi ou en recherche d’emploi.

Le système éducatif exclut de nombreux jeunes du marché du travail. Les personnes au chômage peinent à retrouver un emploi. Des entreprises peinent à trouver des candidats des postes désespérément vacants.

Toutes ces personnes exclues, quelle qu’en soit la cause, peuvent constituer les premiers utilisateurs de cette plateforme de formation. La valeur qui leur est proposée est l’apprentissage d’une activité suivant leurs appétences.

Nous devons mobiliser les compétences de chacun (personnes et organisations), les ressources en ligne (MOOCs, vidéos, tutoriels) et les nouveaux outils de « machine learning ». Nous devons favoriser le co-working (fablabs, centres de recherche publics ou privés, centres d’innovation, écoles de style « Ecole 42 », etc) et en imaginer dans des lieux attractifs et conviviaux.

En ce qui concerne les ressources financières, elles sont nombreuses à pouvoir être mobilisées (taxe d’apprentissage, compte personnel de formation, entreprises, etc.).

Le rôle de la plateforme est uniquement la mise en relation et l’optimisation des appariements pour créer du transfert de compétences efficient. On comprend donc que l’élément différenciant sera la qualité de l’algorithme d’intelligence artificielle de la plateforme. Cela sera vrai pour toutes les filières. Stratégiquement, la décision la plus importante sera de lancer un programme ambitieux de recherche et d’innovation sur l’intelligence artificielle appliquée aux plateformes administratives.

Le deuxième axe stratégique sera de trouver une incitation à la création de contenus pédagogiques francophones en ligne. Chaque Français doit pouvoir devenir un producteur de contenus. Les MOOCs et les « machines learning » deviendront des vecteurs majeurs de diffusion d’une culture. D’autre part ils permettent aux animateurs de repérer les meilleurs talents mondiaux.

Le troisième axe stratégique sera de favoriser les espaces de co-formation et de co-innovation (écoles d’entreprises, laboratoires de recherche, incubateurs, parcs technologiques, fablabs, makers, hackersspaces, repair cafés, etc.).

Enfin la plateforme est toujours un espace de transaction qui doit donc être sécurisé et la blockchain sera certainement un outil exceptionnel pour remplir cette fonction.

La formation n’est qu’un exemple. Mais c’est le thème stratégique pour la France. Cependant, nous aboutirions aux mêmes conclusions pour la création de plateforme pour toutes les filières :

- Qualité de l’intelligence artificielle et simplicité de son interface,

- Production de datas et qualité des datas,

- Créations d’espaces physiques « collaboratifs »

- Qualité de la sécurisation des transactions par la blockchain.

Les plateformes de toutes les filières auraient vocation à croître tant en terme de multitude qu’en terme de compétences, et devraient finir, à très long terme, par se rejoindre et fusionner dans une plateforme numérique française.

La France ne peut que s’appuyer sur le numérique pour créer une société dans laquelle la multitude collabore avec la multitude pour innover et co-construire un pays dont les frontières deviendront sans doute de plus en plus immatérielles et culturelles que physiques, même si les ressources physiques resteront indispensables à la vie.

Suite à la révolution numérique, le monde est en mutation socio-technologique. De plus, il est confronté à des menaces majeures, comme le réchauffement climatique ou la chute de la biodiversité. La chaîne de la valeur s’en trouve bouleversée. La révolution industrielle a créé une société organisée, hiérarchisée, cartésianisée, voire mécanisée. Au XXème siècle, l’intrant massif était le pétrole et ce sont les organisations, entreprises ou administrations, qui détenaient le pouvoir.

La révolution numérique est passée. Elle a fait émerger de nouveaux acteurs qui ont vite compris que les réseaux leur permettaient de mobiliser des externalités positives et le pouvoir de la multitude. Ils ont compris que cette multitude pouvait les servir en leur confiant leurs centres d’intérêt, leurs désirs, leurs habitudes de consommation, bref leurs datas, et cela afin de mieux les servir. Ce cercle vertueux fait que ces entreprises, lorsqu’elles ont atteint une masse critique, sont devenues incontournables et ont eu une croissance exponentielle.

Or, cet effet de réseau ne fait que commencer. Avec l’arrivée imminente de l’Internet des Objets, ou plus exactement de l’Internet pour Tout, avec un réseau 5G à très faible temps de latence pouvant à la fois faire de la commande temps réel et capter encore plus de datas, avec des algorithmes de plus en plus sophistiqués, avec des puissances de calcul inimaginables qu’offriront les ordinateurs quantiques (un Qbit double la puissance d’un ordinateur, nous augmentons d’un Qbit par mois, dans cinq ans nous avons des chances de bénéficier d’accélérateurs quantiques opérationnels de cent cinquante Qbit, qui multiplieront donc la puissance des ordinateurs par 250), il est prévisible que le phénomène s’amplifiera et ce seront, encore plus, les entreprises ou les organisations qui sauront collaborer avec la multitude qui aura le pouvoir.

Dans la transformation de société qui suit une révolution, il faut penser différemment, il faut « disrupter ». Le mot est maintenant galvaudé. Mais il faut retenir les leçons de l’histoire. Les anciens acteurs font rarement les nouveaux acteurs.

Durant cette période favorable à la disruption, nous avons besoin d’innovation de rupture. Innover c’est faire différent et utile. Il y a deux types d’innovations, l’innovation incrémentale et l’innovation de rupture. Les anciennes organisations sont souvent dans le déni durant toutes les phases de transformation d’une innovation de rupture.

La première étape est celle de l’irruption du numérique dans leur business. Leur premier déni consiste à penser, et même à dire : « Nous ne sommes pas concernés ».

La seconde étape est celle de l’éveil de la multitude. Quelques start-ups ou états réussissent brillamment. Ces organisations créent un projet pilote, une direction de l’innovation, un incubateur interne, un produit innovant expérimenté sur un marché lointain, une application mobile, une campagne de marketing viral et là ils proclament : « Nous le faisons déjà ».

La troisième étape est celle du rapport de force. Elles se trouvent menacées injustement, par des barbares qui ne respectent les règles. Là, elles prononcent leur troisième déni : « Allons voir le Ministre ».

Les géants arrivent à la quatrième étape et maintenant faut s’associer pour les combattre. C’est l’époque des fusions pour organiser la résistance et ils prononcent alors : « Achetons notre principal concurrent ».

La cinquième étape est la remontée de la chaîne. La multitude s’est mise en marche et ils se disent : « De toutes façons, on aura toujours besoin de nous ».

Et la déferlante des technologies ne fait que commencer : cryptomonnaies, ordinateurs quantiques, biotechnologies, nanotechnologies, production addictive, impression 3D, etc.


L’évolution du pacte social


Au lendemain de la seconde guerre mondiale, un nouveau pacte social a été imaginé par le Conseil National de la Résistance, en vue de reconstruire le pays. Ce pacte a été conçu dans un environnement marqué par la révolution industrielle et nourri par un intrant massif, le pétrole. La route était droite. Le système éducatif, construit sur le modèle de l’usine, permettait de produire des citoyens qui, lors de leurs études, pouvaient voir se dessiner leur avenir.

La révolution numérique est passée et maintenant les métiers évoluent à une telle vitesse que le système éducatif ne peut plus donner un diplôme garantissant une carrière. La route est devenue sinueuse. Il y a beaucoup de lacets. On ne voit plus où mène la route. Bref, il est difficile de connaître sa carrière, et même son métier, pour l’ensemble de sa vie. Il devient évident qu’il est urgent de réinventer un nouveau pacte social.

Dans cette mutation, on pressent, et on est même certain, que le système de formation sera l’élément clé de notre transformation, qu’elle ne peut plus être concentrée sur une période de la vie. Le mode de travail est aussi complètement transformé.

Les entreprises de type GAFA ont toutes une organisation très horizontale peu hiérarchique, tous les utilisateurs sont aussi des co-acteurs. Elles ont toutes les mêmes caractéristiques :

- Un leader charismatique ayant une vision,

- Une équipe resserrée,

- Une plateforme numérique d’appariement,

- Avec un algorithme d’appariement performant nourri par de la data de qualité

- Avec une interface simple (one clic, ou en langage naturel)

- Sécurisées, sans doute dans un futur proche par la blockchain.

Et ce nouveau mode d’organisation s’impose comme modèle. Les géants du numérique deviennent plus puissants économiquement que les états. Des organisations terroristes, des zadistes, des indépendantistes, ou autres, utilisent le numérique pour offrir, voire imposer leur vision.

De plus, les menaces environnementales sont globales et transcendent les frontières. Le réchauffement climatique, rendra des territoires invivables, et vont donc être à l’origine de migrations importantes. La biodiversité se dégrade à un rythme effréné. Ces menaces environnementales, conjuguées à une démographie mondiale galopante et à une artificialisation massive des sols font planer une menace sur la sécurité alimentaire mondiale.

Dans ce grand chambardement, la France, et l’Europe toute entière, se retrouvent dans les cordes. Les blocs géographiques commencent à se reconstituer, soit à l’intérieur de l’Europe, soit à sa périphérie. Les grands blocs, USA et Chine, se restructurent autour de la Mer de Chine qui devient le pivot économique mondial, laissant l’Europe spectatrice sur un strapontin.


Quelles orientations pour la France ?


Après ces quelques observations de notre environnement, il est incontestable que notre société doit se réinventer dans le cadre de la transformation numérique du monde. Cela devient l’urgence.

Le Président Macron, a été élu, suite à une campagne au cours de laquelle, il nous a proposé quelques objectifs :

- Faire de la France le phare du monde,

- Promouvoir l’émancipation des individus pour qu’ils puissent s’adapter en permanence aux évolutions rapides de l’environnement,

- Faire de la formation tout au long de la vie le cœur du nouveau contrat social,

- Valoriser le droit à l’erreur et protéger les personnes prenant des initiatives et des risques,

- Reprendre le leadership en terme de recherche et d’innovation,

- S’appuyer sur des expérimentations et des innovations en provenance de la population.

Les objectifs présidentiels forment donc une téléologie qui doit nous imposer de trouver les transformations de notre environnement et de nos organisations afin de bâtir la société adaptée à ce « nouveau monde » numérique.

Mais la société française, et surtout son administration et ses organisations sont encore dans les phases du déni de la transformation numérique Cela est certainement dû à deux facteurs :

- Tous les géants du numérique ont émergé à partir d’expérimentations locales. Ils ne peuvent manifestement pas être créés par une injonction venant d’en haut,

- L’ancien système et le nouveau système ne peuvent pas vivre ensemble en collocation. Ils doivent vivre chacun leur vie, en parallèle.

Donc, si l’on réalise cette mutation numérique de la France, il faut trouver une stratégie de transformation de nos organisations politiques et administratives. On doit même se poser la question :

« Si la France veut devenir le phare du monde, ne doit-elle pas tout simplement devenir la première nation numérique au monde ? »

Il nous faut alors deux choses :

- Une infrastructure numérique pouvant opérer des activités numériques. Cela semble évident, mais il vaut mieux le dire, surtout en constatant l’état du déploiement de nos réseaux mobiles.

- Une méthodologie pour faire émerger de la multitude, une (des) organisation(s) numérique(s).


L’infrastructure numérique


C’est certainement la première grande urgence stratégique. Nous sommes à l’ère de la 5G qui porte très mal son nom, car ce n’est pas une évolution de la 4G mais un réseau radicalement différent porteur de la nouvelle révolution de l’Internet des Objets, ou plutôt de l’Internet pour Tout. Son déploiement est une urgence stratégique. De plus, au vu de son importance structurelle pour le pays, il faut se poser la question de sa gouvernance.


L’organisation numérique


Elle doit émerger que de la multitude et elle ne peut que naître et croitre en coexistence avec l’ancienne organisation. Cela nous impose donc de commencer comme les GAFA, par des expérimentations modestes, sur des sujets ponctuels concernant des populations oubliées.

La méthode la plus naturelle consiste à résonner par filières, ou par parties de filières. Pour une première réflexion, il peut être pertinent de commencer par se pencher sur la formation, considérée comme la plus importante dans la stratégie. Ensuite, il faudra réfléchir sur toutes les filières : la médecine, la mobilité, l’urbanisme, l’aménagement du territoire, etc.

A titre d’exemple, développons notre méthodologie sur cette filière. Il est unanimement admis que la différence entre les connaissances et les compétences proposées par le système de formation et les compétences nécessaires pour exercer les métiers d’aujourd’hui s’accroît de façon exponentielle. Il est admis que nous ne connaissons pas la majorité des métiers du futur et que la majorité des personnes devront changer plusieurs fois de métier durant leur vie. Il est aussi admis qu’il existe de nombreuses offres d’emplois ne peuvent pas être pourvues par manque de personnes formées disponibles.

Il est aussi unanimement admis qu’il faudra aussi se former toute sa vie. Or, le constat actuel est bien que le système de formation n’est adapté ni à la mise à niveau des actifs, ni à la reconversion tant des personnes souhaitant changer d’emploi ou en recherche d’emploi.

Le système éducatif exclut de nombreux jeunes du marché du travail. Les personnes au chômage peinent à retrouver un emploi. Des entreprises peinent à trouver des candidats des postes désespérément vacants.

Toutes ces personnes exclues, quelle qu’en soit la cause, peuvent constituer les premiers utilisateurs de cette plateforme de formation. La valeur qui leur est proposée est l’apprentissage d’une activité suivant leurs appétences.

Nous devons mobiliser les compétences de chacun (personnes et organisations), les ressources en ligne (MOOCs, vidéos, tutoriels) et les nouveaux outils de « machine learning ». Nous devons favoriser le co-working (fablabs, centres de recherche publics ou privés, centres d’innovation, écoles de style « Ecole 42 », etc) et en imaginer dans des lieux attractifs et conviviaux.

En ce qui concerne les ressources financières, elles sont nombreuses à pouvoir être mobilisées (taxe d’apprentissage, compte personnel de formation, entreprises, etc.).

Le rôle de la plateforme est uniquement la mise en relation et l’optimisation des appariements pour créer du transfert de compétences efficient. On comprend donc que l’élément différenciant sera la qualité de l’algorithme d’intelligence artificielle de la plateforme. Cela sera vrai pour toutes les filières. Stratégiquement, la décision la plus importante sera de lancer un programme ambitieux de recherche et d’innovation sur l’intelligence artificielle appliquée aux plateformes administratives.

Le deuxième axe stratégique sera de trouver une incitation à la création de contenus pédagogiques francophones en ligne. Chaque Français doit pouvoir devenir un producteur de contenus. Les MOOCs et les « machines learning » deviendront des vecteurs majeurs de diffusion d’une culture. D’autre part ils permettent aux animateurs de repérer les meilleurs talents mondiaux.

Le troisième axe stratégique sera de favoriser les espaces de co-formation et de co-innovation (écoles d’entreprises, laboratoires de recherche, incubateurs, parcs technologiques, fablabs, makers, hackersspaces, repair cafés, etc.).

Enfin la plateforme est toujours un espace de transaction qui doit donc être sécurisé et la blockchain sera certainement un outil exceptionnel pour remplir cette fonction.

La formation n’est qu’un exemple. Mais c’est le thème stratégique pour la France. Cependant, nous aboutirions aux mêmes conclusions pour la création de plateforme pour toutes les filières :

- Qualité de l’intelligence artificielle et simplicité de son interface,

- Production de datas et qualité des datas,

- Créations d’espaces physiques « collaboratifs »

- Qualité de la sécurisation des transactions par la blockchain.

Les plateformes de toutes les filières auraient vocation à croître tant en terme de multitude qu’en terme de compétences, et devraient finir, à très long terme, par se rejoindre et fusionner dans une plateforme numérique française.

La France ne peut que s’appuyer sur le numérique pour créer une société dans laquelle la multitude collabore avec la multitude pour innover et co-construire un pays dont les frontières deviendront sans doute de plus en plus immatérielles et culturelles que physiques, même si les ressources physiques resteront indispensables à la vie.

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