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IDEE #1 : CREER DES ARCHIPELS DE VILLAGES

Mis à jour : 2 déc. 2018

Le concept d’archipel de villages a été imaginé en 2007 par le think-tank "Penser Demain", ancêtre de l'Institut PENSER DEMAIN. Un archipel de villages est un espace rural, dont l’habitat est organisé en réseaux de hameaux, dans lequel les habitants cherchent à créer l’environnement favorable à une qualité de vie optimale pour chacun et à la cohésion familiale et sociale, et à générer un accroissement des richesses personnelles et collectives, dans un respect de l’environnement.

Afin de relancer une discussion autour de cette idée originale, nous soumettons à votre sagacité critique le fruit en l'état de nos réflexions plus que jamais d'actualité.


Proposition de création d’une nouvelle entité territoriale : L’archipel de villages


La France est souvent considérée comme un pays du « bien vivre ». Si les cœurs historiques des villes continuent à faire partie des espaces attractifs, les politiques d’urbanisme menées depuis plusieurs décennies ont enlaidi la France en faisant baver nos villes sur leurs périphéries et en désertifiant nos campagnes. Autour des villes, les banlieues peuplées de barres d’immeubles, de zones pavillonnaires, de zones industrielles ou commerciales, de bitumes et de bétons ont absorbé nos terres agricoles et nos villages et les ont transformés en zone d’habitat à médiocre qualité de vie. La concentration des activités et des services dans les villes continue de désertifier nos campagnes.

Or, s’il s’avère difficile d’augmenter la qualité de vie dans les périphéries des villes, les zones rurales peuvent redevenir des zones de bien-vivre à fort potentiel de développement dans les domaines de la nouvelle économie (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (NBIC) et la culture). Il suffit de les protéger, de miser sur les potentiels de ces territoires et de les doter des outils politiques permettant leur développement et les protégeant de leurs prédateurs que sont les villes et mégapoles.

La réflexion en pièce jointe illustre ce que pourrait être une telle zone de développement. Les réflexions et les expérimentations ne peuvent être menées que s’il est possible de créer des zones territoriales possédant la même autonomie et la même importance que les villes : l’archipel de villages.

Un archipel de villages est une fédération de villages gérée en réseau comme une ville, ayant une politique d’urbanisme axée sur la protection du rural et la qualité de vie sociale dans les villages et ayant une population suffisante (de plus de 100 000 à quelques millions d’habitants) pour afficher une identité internationale lisible. A titre d’exemple, on pourrait imaginer un archipel de villages bretons, un archipel de villages alsaciens, un archipel de villages provençaux, etc.

Bien qu’un archipel de villages doive bien entendu rechercher une synergie culturelle avec les coeurs historiques des villes de leur environnement, il doit surtout se doter de toutes les infrastructures et toutes les ressources d’une mégapole (services publics, écoles, commerces de proximité, lycées, universités, espaces culturels, réseaux de communications, etc.).

Le développement de tels projets est rendu possible par l’émergence de la nouvelle économie et par l’usage des nouvelles technologies qui permettent d’imaginer des modes de vie plus collaboratifs et plus cellulaires, tout comme la révolution industrielle avait favorisé le développement des villes autour de leurs industries et favorisé les mégapoles.

Réflexions sur l’émergence d’archipels de villages historiques et néo-romains « Travailler mieux pour vivre mieux » En changeant ce qu’il connait du monde L’homme change le monde qu’il connait ; En changeant le monde dans lequel il vit, L’homme se change lui-même. TH . Dobszhansky

Le concept d’archipel de villages a été imaginé en 2007 par le think-tank « Penser-demain ». Il répond à l’attente des personnes jugée par les cours de l’immobilier dans certaines régions rurales (Provence, Luberon, Uzège, Alsace, Bretagne, etc.), et cela malgré une désertification des services publics dans ces zones rurales (éducation, santé, commerces). Il a alors semblé judicieux de repenser le développement des territoires ruraux à habitat en hameaux d’une manière globale avec comme seule téléologie le bien-être des habitants et comme contrainte le respect maximal de l’écosystème et la croissance des patrimoines individuels et collectifs.

Cette démarche découle humblement d’une application partielle, car restreinte au monde rural, de la politique de civilisation d’Edgar MORIN. Depuis le XVII ème siècle, les formidables progrès des sciences et des techniques ont été réalisés en se concentrant sur la recherche de modèles expliquant le fonctionnement de l’objet, en faisant abstraction du sujet et de l’environnement. Depuis quelques décennies nous commençons à prendre conscience des limites de cette société dite industrielle, d’une part par l’ampleur de son impact non souhaité sur l’environnement, mais aussi par une croissance du mal-être chez les personnes malgré une fabuleuse croissance des niveaux de vies et des richesses.

La mise en œuvre de la politique de civilisation décrite par Edgar MORIN, semble très difficile, voire utopique, tant elle bouleverse nos modes de pensées, ébranle nos valeurs et met en cause toute une éconocratie efficiente supportée par une technocratie puissante. L’objectif de ce projet est donc d’expérimenter, autant que peut faire se peut, cette politique de civilisation au sein d’espaces géographiques propices. Une grande majorité de personnes vivant dans les villages en zones rurales l’ont fait par choix, à la recherche d’une qualité de vie, de convivialité et de culture. Cette concentration de personnes porte en elle, bien plus que dans les espaces péri-urbains, produits de la révolution industrielle, les ferments et les impératifs de la mise en oeuvre de la politique de civilisation, c’est-à-dire (Voir Edgar MORIN) des appétences du monde rural à: - Solidariser (contre l’atomisation et la compartimentation), - Ressourcer (contre l’anonymisation), - Convivialiser (contre la dégradation de la qualité de vie), - Moraliser (contre l’irresponsabilité et l’égocentrisme).

De plus, les villages sont en quelque sorte les vestiges d’une ère préindustrielle, et il semble plus naturel et plus facile de construire une ébauche de nouvelle société dans les territoires les moins touchés par les dérives de notre société. C’est aussi la raison pour laquelle, il est intéressant de s’inspirer des principes de constructions des cités par les civilisations anciennes et les Romains en particulier.

D’autre part, en ce qui concerne l’activité économique, il existe quatre conditions sine qua non de son développement dans une zone géographique donnée :

1) La qualité de vie, est certainement la condition essentielle, car les personnes de grand talent et à haut potentiel en font un critère essentiel pour le choix de leur lieu de résidence. Ce critère donne un atout essentiel aux cœurs de villes historiques, aux régions côtières, et aux zones rurales de caractère, attractivité encore augmentée si la zone dispose d’un climat agréable et d’une richesse culturelle et patrimoniale élevée. 2) Les réseaux de communication sont essentiels au développement car ils favorisent les échanges tant matériels qu’immatériels. Si, en première analyse, les infrastructures de transport semblent importantes, de l’avènement d’internet, les infrastructures de transport d’informations (haut débit et mobilité) apparaissent bien plus essentielles pour l’émergence et la croissance des activités liées aux technologies et à l’innovation. 3) L’existence de racines technologiques permet aux entreprises innovantes un accès facile aux potentiels de recherche. Cet accès est facilité par l’internet, mais les espaces de rencontre et de convivialité entre chercheurs, entrepreneurs, et la société civile restent encore des facteurs- clés de développement de l’innovation. 4) Le développement de la culture entrepreneuriale est aussi indispensable, car elle favorise l’émergence de sens et de projets, le courage et l’audace de la prise de risques et la générosité du partage des desseins et des richesses.

Les crises actuelles sont les symptômes d’un changement en profondeur de notre société. Au lieu de nous inquiéter, ces crises doivent nous pousser à penser autrement et nous donnent l’opportunité de repenser notre société.

En matière d’économie, il devient évident que le marché et la consommation ne sont plus suffisants pour bâtir notre société de demain. Le modèle économique actuel conduit à un individualisme et une brutalité, et nous sommes au point où il semble que ses effets deviennent plus néfastes que bénéfiques. Il semble aussi acquis que cette crise économique est loin d’être terminée et que nous n’en sortirons que lorsque nous aurons su trouver le bon modèle postindustriel.

On nous prévoit aussi une crise climatique. Bien que les gaz à effet de serre ne soient pas la variable principale qui agit sur le réchauffement climatique, il est cependant probable que l’augmentation la concentration de CO2 dans l’atmosphère aggrave le phénomène de réchauffement, augmente l’instabilité de l’atmosphère, mais cette forte concentration a sans doute d’autres impacts peut plus néfaste du fait de la pollution (à titre d’illustration, on peut citer la régression du corail maritime qui meurt à une concentration de CO2 supérieure à 350 ppm (Nous en sommes aujourd’hui à 387 ppm). La disparition du corail entraînerait une disparition de la vie marine).

Mais, derrière cette crise climatique, il y a une crise alimentaire bien plus grave qui se dessine. Dans la décennie qui arrive, il est pratiquement certain que nous manquerons d’eau et de terres arables et les scientifiques nous prédisent de grandes famines avant 2020. En plus de cette crise alimentaire, nous ne sommes pas à l’abri d’une crise sanitaire grave.

Finalement, ce sera sans doute la crise énergétique qui sera la plus simple à surmonter, et ce sera celle qui risque de nous condamner à bouger. En effet, nous sommes en train d’atteindre le « peak oil », c'est-à-dire le moment où la demande en pétrole va devenir plus importante que l’offre maximale possible. En effet, en production maximale, nous sommes aujourd’hui à 86 millions de barils par jour. Mais cette production maximale ne peut que diminuer, car les réserves faciles s’épuisent et la recherche de nouveaux gisements ne permet plus de compenser la perte due à la fermeture des puits. En termes de consommation, nous en sommes à 83 millions de barils par jour, et cette consommation ne fait que monter du fait de l’augmentation des consommateurs. A partir de ce « peak oil », on peut penser que les prix de l’énergie fossile vont monter et que des tensions vont se produire pour posséder ce pétrole.

Comme nous pouvons l’intuiter, ce n’est pas le manque de crises qui nous guettent, et que les prévisions soient optimistes ou pessimistes, nous avons toutes les raisons de penser qu’il faudra « penser et agir autrement », et nous devons saisir l’opportunité de ces crises pour créer un nouveau développement.

C’est pour répondre à ces impératifs d’évolution, et pour anticiper les crises et générer des opportunités que nous avons décidé de réfléchir sur une nouvelle conception de la vie en société, et en particulier sur la vie en milieu rural, par la constitution d’archipels de villages. Ce concept d’archipel de villages, porté par une association citoyenne « Villages21 », a pour but de produire des idées et des propositions à destination des décideurs, pouvant nourrir des expérimentations d’émergence d’une civilisation néo-rurale. Pour donner de l’ampleur à une telle réflexion et susciter la créativité, Villages21 propose d’organiser les « Etats généraux citoyens de la civilisation néo-rurale ».

L’objectif de ces états généraux pourrait être de recenser les premières expériences, de dessiner un idéal pour cette nouvelle civilisation rurale, d’en fixer les principes et les règles fondateurs, et éventuellement d’élaborer des propositions incitatives pour mener des expérimentations sur des territoires volontaires (appel à projets ?). Il semble aussi très important que cette réflexion soit citoyenne, afin de minimiser les effets créaticides d’une technocratie résistant aux innovations de rupture et à approche globale de la société. L’appareil actuel très compartimenté et très cloisonné, fonctionnant de manière mécaniste, peu habitué à l’usage des outils de gouvernance des systèmes complexes, ne semble plus en mesure de faire les propositions nécessaires pour affronter les défis qui nous attendent. De plus, il apparait maintenant que les appareils hiérarchiques et mécanistes sont beaucoup moins robustes que les appareils biologiques en réseaux. Il nous incombe donc de délaisser la simplicité des raisonnements logiques, pour adopter une approche complexe de notre société et utiliser les réseaux pour lui donner un fonctionnement plus biologique. Ces états généraux doivent fonctionner comme « le cerveau droit » de notre société, favorisant l’imagination, la créativité et l’innovation pour trouver un dessein à cette civilisation néo-rurale.

Cette voie d’une civilisation néo-rurale ne vise pas opposer ce développement en archipel de villages au développement des villes ou de l'espace péri urbain et pavillonnaire, mais à rechercher un développement harmonieux de différents modes de vie en recherchant l'excellence dans chacun de ces espaces. En parallèle à cette réflexion devrait donc se mener une autre ( )sur les modes de vie en espace urbain concentré, ainsi qu'en espace péri- urbain pavillonnaire. Il semble juste plus « simple » et plus facile de mettre en oeuvre cette politique de civilisation dans l’espace rural.

L’identité d’un l’archipel de villages

Un archipel de villages est un espace rural, dont l’habitat est organisé en réseaux de hameaux, dans lequel les habitants cherchent à créer l’environnement favorable à une qualité de vie optimale pour chacun et à la cohésion familiale et sociale, et à générer un accroissement des richesses personnelles et collectives, dans un respect de l’environnement.

Les valeurs et les règles d’un l’archipel de villages

La recherche des conditions favorisant la qualité de vie pour chacun est la règle fondamentale. Elle permet une attractivité pour des personnes voulant participer à une véritable dynamique de société nouvelle et répond à une attente d’une grande partie de la population. Cette qualité de vie se décline en plusieurs principes fondateurs :

• La cohésion familiale et sociale :

• La villa, de conception romaine, répartissant les lieux de vie autour d’un patio central, est un lieu de cohésion familiale.

• Le village est un lieu de cohésion sociale et de convivialité, s'il est organisé autour d'espaces publics (places, fontaines, forum, thermes, écoles, jardins de solidarité, etc.).

• Toute personne doit pouvoir se doter d’un toit tout au long de sa vie. Une politique d'urbanisme privilégiant l'accession à propriété à la spéculation immobilière et une solidarité dans la construction de l’habitat doit être imaginée.

• De même, toute personne doit pouvoir accéder à la nourriture durant sa vie, ne serait-ce que par la création de jardins de solidarité, permettant à chacun de pouvoir générer un minimum de nourriture pour sa famille et ses amis.

• L’archipel de villages doit être conçu pour favoriser les mixités, sources d’innovation et de richesses, éviter les compartimentations, et lutter contre tous les types de parcages (parcage des jeunes, parcage des ainés, parcage des commerces, parcage des entreprises, etc.).

• D’une façon encore plus générale, il doit solidariser les personnes, favoriser les projets entrepreneuriaux individuels et collectifs.

• L’archipel de villages, ainsi que chaque village, doit savoir créer et promouvoir son identité et ses cultures, afin de favoriser l’esprit d’appartenance à la collectivité, et la fierté de la réalisation d’une oeuvre collective.

• La préservation de l’environnement :

✓ Face aux crises potentielles alimentaires et climatiques, il devient impératif de préserver

nos terres arables et de les valoriser par une agriculture raisonnée et peu polluante. ✓ Face aux risques de manque d’eau, il est tout aussi impératif de garantir notre approvisionnement en eau, de préserver nos ressources et de dépolluer l’eau que nous utilisons. ✓ Du point de vue énergétique, l’archipel de villages doit tendre à devenir une zone à énergie positive. Il doit favoriser les moyens de transport doux et se donner pour objectif de pouvoir accueillir des personnes ayant fait le choix de vivre sans voitures. De solutions de télétravail et de téléenseignement innovantes doivent être imaginées. ✓ Pour favoriser l’attractivité, l’archipel de villages doit embellir son paysage et bâtir un

patrimoine architectural de qualité.

Le développement de l’économie et des activités :

L’archipel de villages doit devenir un modèle dans la conception d’éco-villes, et favoriser l’émergence d’entreprises et d’activités dans ce secteur.

• Une agriculture biologique et résonnée doit être développée et accompagnée par une véritable politique d’alimentation de qualité, de convivialité et de bien vivre.

• La création d’un environnement attractif (Qualité de vie, infrastructures de communication, racines technologiques, climat entrepreneurial) doit permettre de favoriser des activités nouvelles en nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et sciences cognitives, surtout si ces activités se font au bénéfice de services à la personne dans le souci de la qualité de vie pour chacun.

• Une politique de développement culturel doit conduire à l’émergence d’une véritable identité des villages, et à la création de produits culturels nouveaux.

• La consolidation des patrimoines paysager, architectural et culturel devrait favoriser une industrie touristique.

Quelques pistes de prospective pour initier une réflexion

La demande d'ouverture des galeries marchandes le dimanche nous confirme une attente de la population. Les personnes recherchent des lieux de flânerie dans un espace marchand, comme autrefois dans les villages romains ou dans les médinas. Les conditions de réussite de ces espaces marchands (espaces conviviaux sans voitures où l'on peut déambuler, mais avec la possibilité de parquer sa voiture à proximité immédiate) peuvent être facilement obtenues dans un village. Les coeurs de villes, les villages et l'habitat isolé en zone rurale sont identifiés pour être des espaces à forte qualité de vie, car ils ont été conçus historiquement autour des activités sociales comme des lieux de vie de proximité:

▪ un espace d'intimité (pièces de séjour),

▪ un espace familial (cour intérieure, atrium, péristyle),

▪ un espace social et culturel (forums, places, fontaines, thermes, écoles, jardins, etc,),

▪ un espace naturel et de culture.

La révolution industrielle a concentré les populations autour des usines, et donc, en général, des villes. L'apparition de la voiture a permis de croire que l'on pouvait de se dispenser d'un espace social de proximité. Donc, au XXème siècle, au lieu de concevoir ces nouveaux lieux d'habitat comme des lieux de vie, nous avons jeté des routes (des infrastructures en termes technocratiques) autour des villes, et fait des lotissements en plantant les maisons au centre des terrains sous prétexte de favoriser ce lien avec les voisins (à l'usage plus générateurs de conflits que d'amitiés). Ces espaces (dortoirs) ont souvent été conçus sans le moindre espace public, voire même sans trottoir, jardin ou espace de jeux pour les enfants. Les villas construites au centre d'un terrain , au lieu d'autour du patio, ne permettant plus de recréer l'espace familial convivial.

Villages21 doit réfléchir, en rêvant, à la région idéale que nous aimerions avoir dans 20 ans. Par une expérimentation d’archipels de villages, nous devons viser à créer des régions « référence » pour la qualité de vie en Europe, des régions où il fait bon vivre et travailler, des régions attractives pour les individus mais aussi pour les entreprises (car les entreprises, en particulier technologiques, sont composées de personnes qui préfèrent travailler dans un lieu agréable à vivre).

Toutes les villes d'Europe ont pour objectifs de devenir attractives et de constituer des pôles de développement économiques. Avec le concept d’archipel de villages, nous avons l’opportunité de créer des espaces différents, mais complémentaires aux villes, sans doute plus conformes aux aspirations d’une grande partie de la population, peut-être plus adaptés à affronter les urgences qui nous menacent, et pouvant plus facilement devenir les foyers d’émergence d’une nouvelle civilisation post-industrielle.

Si cette véritable piste de différentiation consiste certainement à chercher à devenir une référence en Europe en qualité de vie en espace rural, en créant un projet pilote d'archipel de villages (éco- villages) axés sur l'excellence de la qualité de vie et de travail, cela ne doit pas empêcher Villages 21 de mener une réflexion sur la conception de villes sur des principes similaires.

A titre d'exemple, nous pouvons commencer à faire un peu de brainstorming sur un tel archipel de villages (voire de villes nouvelles). Ces propositions ne sont pas exhaustives et demandent à être complétées et enrichies. Certaines sont volontairement utopiques. L'objectif est en effet, dans un premier temps, de rêver et dessiner un type d'espace de vie idéal pour une grande partie des habitants et des futurs habitants de la région. A partir de ce dessein, dans un second temps, il faudra, ensuite, concevoir un dessein réalisable.

➢ Habitat à maisons jointives conçues autour d'un patio intérieur. Ce type d'habitat, en plus des avantages en terme de qualité de vie, permet de loger plus d'habitants par surface (entre cinq et dix fois plus qu'un habitat de type pavillonnaire), sans ? miter ? le paysage et permet de concevoir des services communs plus efficients,

➢ Villages conçus (ou villages actuels agrandis s'ils ne sont pas encerclés par une périphérie pavillonnaire) à partir des espaces publics pour favoriser au maximum les liens sociaux et la solidarité : forums, placettes, fontaines, thermes, jardins, jardins de solidarité, écoles, etc,

➢ Villages conçus pour favoriser la mixité (sociale, inter générations, activités économiques-

habitat, etc,)

➢ Villages conçus comme des centres commerciaux ouverts. Cela implique des villages-piétons, mais avec une possibilité de stationnement à proximité. On peut imaginer, pour des villages nouveaux, la possibilité de prévoir des stationnements souterrains.

➢ Villages bâtis à flan de colline, donc en zone non inondable. Cela permet aussi de concevoir des maisons qui ont une vue agréable. Cela permet aussi de bâtir une véritable politique de logement accessible à tous. Il suffit à la collectivité d'acheter des zones à flanc de colline, bien placées, non agricoles, non constructibles, donc à prix très bas. La collectivité aménage, ou incite à aménager, l'espace public (stationnements souterrains, places, forums, thermes, fontaines assainissements, réseaux, etc.) et vend les terrains à prix coûtant moyennant un cahier des charges en matière d'urbanisme et de protection de l'environnement.

➢ Ces villages peuvent aussi être conçus comme des éco-villages, peu consommateurs

d'énergie, recyclant leurs déchets, et privilégiant l'usage de matériaux piégeant le carbone,

➢ On peut aussi favoriser autour des villages une valorisation de l'espace agricole, sur les valeurs traditionnelles (vignes, oliviers, cultures), mais aussi la plantation d'arbres, en particulier fruitiers qui, conjuguée avec la création de pièces d'eau, favorise l'absorption du carbone et le maintien d'une hygrométrie supérieure à 15% qui devrait prévenir les incendies.

➢ On peut aussi penser, que pour un habitat concentré en villages, il soit possible de créer les services communs de transports (transports en commun, location de voitures, etc), permettant à chaque habitant de vivre sans voiture s'il le souhaite.

➢ Les villages de l'archipel pourront être reliés par un réseau de sentiers piétons et de pistes cyclables sécurisées, voire de pistes hippomobiles permettant de favoriser les activités de loisirs et le développement du tourisme. Une politique d’incitation d’achat de vélos électriques devrait permettre d’anticiper nos problèmes de dépendances énergétiques.

➢ Les rez-de-chaussée des rues des villages seront consacrés, en priorité, aux activités

économiques, culturelles et associatives.

➢ L'existence d'un réseau numérique très haut débit, et en particulier un réseau mobile très haut débit, dans ces villages, conjugué à des moyens de transport efficients (flotte de véhicules électriques autonomes), devrait permettre l'implantation d'entreprises technologiques. Une implication des universités dans l'animation technologique et dans l'aide à l'innovation sera indispensable pour créer ce développement économique autour des technologies.

Si l'on devient leader en construction d'éco-village, il serait naturel, que toute une industrie du bâtiment écologique se développe dans la région.

Il faut aussi développer l'esprit entrepreneurial dès le plus jeune âge. Cela demande une réflexion des écoles avec les industriels locaux. On peut aussi favoriser, comme l'OCDE le prédomine, l'entrepreneuriat social, c'est-à-dire les activités sociales non marchandes.

Ces villages sont aussi des lieux propices à la valorisation des talents de chacun. A titre d'exemple, il est dommage de ne pas utiliser nos « étrangers » pour exercer nos jeunes (ou moins jeunes d'ailleurs) à l'usage des langues étrangères. En plus de cette participation à la l'effort de formation, cela permettrait de mieux intégrer les étrangers dans nos cités. Il suffit de réfléchir un peu à la valorisation des talents de chacun pour trouver une multitude d'actions simples, et non coûteuses, qui favorisent la qualité de vie, la solidarité et le lien social.

Les villages sont aussi des lieux permettant le développement des activités culturelles. L'existence de lieu de rencontre et des forums est un facteur favorable à l'expression artistique. Des actions d'animation culturelle de jeunes par des artistes, comme dans le cas des langues étrangères, est un facteur de cohésion et de développement d'une culture commune.

La transmission d'anciens métiers peut être aussi un facteur de lien social et de développement culturel. Il devient à peu près évident que l'élaboration de produits, non culturels, à la main est en train de sortir du domaine marchand. C'est pourtant, sans doute, une activité créatrice de richesses et de patrimoine. C'est certainement une des activités, avec l'artisanat d'art, qui favorisera l'attractivité touristique future de notre région.

Les jardins de solidarité, autour des villages, sont aussi des espaces importants permettant une solidarité envers les plus démunis, mais aussi un endroit de mixité sociale et de cohésion.

Conception d'un lycée en réseau dans l'archipel de villages

A titre d'exemple, coupe de principe d'un village à flanc de colline, intégrant zones de stationnement, rues actives, habitations ayant vue sur la plaine. Il faudrait aussi, en fonction de la géographie intégrer les espaces publics.

Ces idées ne sont pas structurées, car elles demandent à être complétées et enrichies par chacun. Il suffit, pour chacun, d'exprimer les visions de son espace idéal pour vivre et travailler. Il est alors probable que nous puissions faire émerger une vision commune de notre région, puis la dessiner à 20 ans, puis lui donner un dessein (tout au moins partiel, une réflexion parallèle et complémentaire sur l'avenir des villes, et peut-être du littoral, étant aussi nécessaire).

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